BIC : « Plus je produis d’albums, plus il m’est difficile de faire un autre »

Le 1er janvier 2016, BIC vient de lancer le premier titre de son prochain album intitulé « Vocabi-lari ». Derrière un sourire enfantin, un regard perçant, une simplicité sans pareil se cache cet homme jovial, craqueur de mots, producteur, poète, et père de famille qui croit que l’âge n’amène pas seulement la raison, mais aussi à la mission. Roosevelt Saillant dit BIC se sert de sa passion et de sa compagnie de production, Tizon Dife Records, pour exercer une influence durable dans la musique haïtienne. Découvrons un autre BIC, dans toute son intimité!

L.N. : Avant d’être musicien que faisiez-vous ? Comment êtes-vous venu à la musique ?

BIC : Avant de venir à la musique, j’étais encore à l’école classique. Je n’étais qu’un simple mélomane. J’ai commencé à y prendre goût en écoutant la musique alternative dans une émission que Master J animait, et qui jadis s’appelait Rap Nation. C’est à partir de cette émission que j’ai découvert le Dancehall et le Rap. Cependant, je n’osais pas rêver d’être musicien. C’est par un heureux hasard si je le suis aujourd’hui, vu que ma mère m’avait inculqué des principes religieux… Pour elle, c’était hors de question. S’il fallait m’adonner à cet art, ce devrait être avec gospel. Ma mère quant à elle, souhaitait que je sois informaticien, alors j’ai dû me rendre à INUQA pour étudier les Sciences informatiques. Un an après, je n’ai pas su trouver ma place, ne comprenant rien aux Maths. Je ne voulais pas être un informaticien médiocre, alors je me suis entendu avec ma mère, et je suis passé à autre chose. Je suis entré à l’Université Quisqueya en 1999 pour étudier l’Interprétariat bilingue. C’est à cette période-là que j’ai rencontré le groupe musical Flex.

L.N : Avez-vous trouvé votre mentor ?

BIC : En fait, il y avait certains musiciens qui attiraient mon attention de par leur langage et leur approche poétiques. Parmi eux, il y avait Manno Charlemagne. Je me rappelle avoir acheté l’une de ses cassettes intitulée « Lafimen ». C’était l’une de mes premières acquisitions. Manno Charlemagne m’a toujours impressionné dans ses approches, je voulais donc écrire comme lui. Après quoi, il y eut le groupe Original Rap Staff (ORS) pour lequel j’eus un coup de cœur, puis King Posse. J’aimais King Posse pour la profondeur de ses textes ; je fus aussi un « malade » de Top Tchooko. Je les aimais tout simplement, mais je ne savais pas que j’allais devenir musicien, voire avoir un mentor.

L.N : Comment avez-vous évolué jusqu’à aujourd’hui ?

BIC : J’ai pratiquement commencé à faire de la musique en l’an 2000. Quinze ans après, j’avoue que j’ai grandi, je suis devenu un peu plus exigeant avec moi-même. Pour moi, ces quinze ans signifient que la musique est passée d’une distraction à une profession. Je ne suis plus un jeunot qui joue de la guitare pour se faire applaudir, ou qui se veut artiste. Je suis aujourd’hui un artiste confirmé qui tient toujours à placer la barre plus haut en vue de rehausser la musique haïtienne en matière de poésie musicale. J’ai donc évolué. C’est pourquoi je dis toujours : « L’âge amène à la mission ». Avec mes quinze ans de carrière, je me suis donné pour mission de porter la poésie un peu plus loin à travers mes chansons, et de continuer le travail de Beethovas Obas, de Manno Charlemagne, de Frankétienne, de tous ces artistes dont les textes sont empreints d’une immense poésie.

L.N : Il y a eu une transition du groupe Flex à Reflex, peux-tu nous en dire plus ?

BIC : Cette question me prouve que vous me suivez, ça me fait très plaisir. En fait, des fois j’oublie complètement si je faisais partie du groupe Flex, ça s’est passé tellement vite. Quand Kindy a quitté le groupe pour rejoindre Djakout, je ne voulais pas que ça s’arrête là, puisque c’est à ce groupe que je dois ma renommée, alors, je trouvais nécessaire de le maintenir, attendant, mais en vain, le retour de Kindy. HT et moi, on a sorti deux meringues carnavalesques sans Kindy. Après deux ans, il n’est pas revenu ; on ne pouvait pas être plus royaliste que le roi, alors on a choisi de fonder Reflex. Administrativement, le nom Flex ne nous appartenait pas, donc on ne pouvait pas fonctionner avec. Par amour pour Flex, on a appelé notre groupe Réflexe. C’était notre façon à nous de dire au public que c’est une autre partie de Flex, Kindy est seulement absent. Par la suite, on a rencontré Edner Jean, qui deviendra plus tard notre manager. Il nous a convaincu que Réflex pourrait occasionner des différents avec Kindy, c’est donc ainsi que Brain Intelligencia Creativity (BIC) a vu le jour.

L.N : Combien d’albums avez-vous à votre actif ?

BIC : Quoique j’aie écrit 70 % des textes de l’album de Flex, je ne veux pas le rentrer dans mon répertoire vu que c’est un groupe qui m’a aidé à me faire un nom dans le domaine de la musique. C’est avec l’album « Wow » que je me suis vraiment affiché en tant que musicien, après cela, il y eut l’album baptisé « Plus loin », « Kreyòl chante, kreyòl konprann, Vol I », « Kreyòl chante, kreyòl konprann Vol. 2 » et « Recto Vèso ».

Je peux donc affirmer que j’ai six (6) albums à mon actif, le dernier est en voie d’achèvement.

À suivre…

Publié dans Le National
Propos recueillis par :
Aljany Narcius

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